Pourquoi le scintillement de la Tour Eiffel est un succès populaire ?
Parce que cet « effet proche d’un feu d’artifice quotidien », il est visible chaque heure, tous les soirs. En 1996-97, les deux commissions pour l’an 2000 à la Tour Eiffel rendent leur verdict. Quelles actions lancer sur le monument ? Seuls deux projets tiennent la route pour le millénaire : le spectacle pyrotechnique de ECA2 et du Groupe F et le scintillement de la Tour Eiffel proposé par Pierre Bideau. Voici comment il est devenu un succès populaire.
[Article mis à jour le 12/07/26]

Scintillement de la tour Eiffel pour l’an 2000
Inspiré des flashs des touristes qui prennent l’édifice en photo, à la nuit tombée, fin 1996, Pierre Bideau propose de réaliser un scintillement sur la tour Eiffel.
« Un effet proche d’un feu d’artifice quotidien. »
Pierre Bideau, éclairagiste, CIEL
En bref, une mise en lumière éphémère du monument.
Il s’agit d’installer 3800 lampes flashs par face, sur la structure externe de la tour, afin de la faire étinceler, chaque heure de la nuit, pendant quelques minutes.

Quelle solution technique pour créer des flashs ?
Fin 1998, sans projet probant autofinancé sur des fonds privés, la SNTE lance une étude de faisabilité pour le concept de Pierre Bideau.
Alors, il doit trouver une solution technique pour réaliser son projet de l’an 2000 sur la Tour Eiffel. Après essais, les traditionnels, les Stars flash disponibles dans le commerce pour Noël s’avérant trop faibles.
Il s’oriente vers une fabrication spéciale prise en charge par la société française Blachère, spécialiste de l’illumination décorative.

Combien de lampes flash sont installées pour l’effet de scintillement ?
La proposition initiale de scintillement de la Tour Eiffel est de 3 800 flashs par face.
Après essais, 5 000 flashs par face seront retenus, soit un total de :
- 20 000 flashs,
- cinq minutes toutes les heures,
- jusqu’au minuit en semaine,
- une heure du matin le week-end.

Quand a été réalisé la première installation du scintillement ?
Au cœur de la nuit, l’installation débute mi-septembre 1999. Pendant trois mois, une équipe de 20 alpinistes positionne chaque douille sur la structure avec un espacement de 80 cm, les guirlandes étant ensuite peintes à la main in situ.

Top de l’an 2000 et scintillement de la tour Eiffel
Au soir du 31 décembre 1999, l’allumage progressif du scintillement, niveau par niveau, est accompagné, pendant 3 minutes, de l’attente sonore du spectacle pyrotechnique de ECA2 et du Groupe F.
Coupé quelques instants pour laisser la magie aux premiers tableaux du ballet pyrotechnique, il est rallumé ensuite sur les derniers effets du feu et scintille jusqu’au petit matin du 1er janvier.
Ensuite, tous les soirs de l’an 2000, ce crépitement lumineux blanc froid rythme les heures durant 10 minutes en se superposant à l’illumination orangée de l’édifice. Après un démarrage lent du clignotement, les étincelles jaillissent des structures externes de la tour avec une périodicité de 20 et 30 flashs par minute.
À 1 heure du matin, la Tour Eiffel s’éteint. Le monument scintille une dernière fois puis demeure dans l’ombre de la nuit.
L’installation était prévue pour durer un an. Faisant l’unanimité du public, elle sera prolongée de six mois.

Chiffres du scintillement de la tour Eillel, an 2000
- Nombre de points lumineux : 19004
- Puissance installée : 400 kW
- Longueur de guirlande lumineuse : 18 km
- Longueur de câble de distribution électrique: 30 km
- Horaire d’allumage : tous les soirs, chaque heure, durant 10 minutes.
- Durée de réalisation : 15 mois, du 1er janvier 2000 au 14 juillet 2001.

Effet lumière : animer la tour par un scintillement, « proche d’un feu d’artifice quotidien »
- Éclairage : graphique, trame de points lumineux, on-off
- Localisation : sur les structures externes de la tour
- Montage : chaque douille est maintenue en position par une pièce en aluminium fixée avec des colliers souples à une cornière pour résister à des vents de 220 km/h à un espacement de 80 cm, les guirlandes sont ensuite peintes à la main in situ RAL 8025.
- Accès : filin et harnais de sécurité
- Matériel : 19 000, soit 4 750 par faces de la tour guirlandes lumineuses à éclair, Blachère.
- Lampe : xénon, 6 W (10 joules), blanc froid, culot B22, réf. Star Flash 10J AC Strobe, WOC (Taïwan).

Scintillement bleu de la tour Eiffel fin 2000
Pour que cet éclairage évènementiel d’un an s’évanouisse doucement, Pierre Bideau propose de chapeauter chaque flash d’une poche bleue translucide durant 8 jours avant l’extinction définitive. En diminuant l’effet visuel à distance, le scintillement doit ainsi se faire oublier. La SNTE accepte l’idée et enclenche sa réalisation. Entre temps, la campagne électorale bat son plein et le maire Jean Tibery déclare : « Cet éclairage doit durer éternellement ».

Fin décembre 2000, pendant trois jours, le scintillement est arrêté ; juste le temps nécessaire pour que les alpinistes installent les capuchons bleus sur l’ensemble des flashs. Lorsqu’au soir du 31 décembre 2000 le scintillement est rallumé, l’effet lumineux se trouve conforme à la proposition du concepteur.

Mais les médias, presse et télévision, s’émeuvent du résultat en contradiction avec les vœux du maire. Celui-ci demandera de faire enlever ces capotes qui masquent la magie de la tour et à la SNTE et d’étudier une pérennisation de l’installation. Compte tenu du coût de maintenance, le choix fut de laisser le scintillement jusqu’au 14 juillet 2001.
Comment a été pérennisé le scintillement de la Tour Eiffel ?
En 2001, la ville de Paris demande à Pierre Bideau de trouver une solution pour une durée de fonctionnement de 10 ans garantis.

L’éclairagiste élabore un cahier des charges techniques permettant de procéder à un appel d’offre. Il sera remporté par la société française AE&T, spécialiste des systèmes de sécurité industrielle et de la protection des biens et des personnes.

Presque invisible de jour, la nouvelle installation est inaugurée par le 21 juin 2003 par le maire, Bertrand Delanoë.

Projet avorté de rénovation du scintillement
En janvier 2012, un nouvel appel d’offre a été lancé pour la rénovation du scintillement.
A ce jour, il n’a toujours pas été mis en oeuvre.

Réemploi du « Diamant de lumière » en lampe design
Depuis avril 2018, l’option choisie par la SETE est de :
- remplacer 450 boitiers flashs du scintillement par an et
- d’en faire une lampe collector design nommée « Diamant de lumière ».

Source des informations
- Extraits du livre de Vincent Laganier, Lumières architecturales en France, Éditions AS, 2005.
- Interview de Pierre Bideau par Vincent Laganier à Paris, le 16 décembre 2010.
- Rédaction et relecture du texte de l’article initial : mai-juin 2014.
- Premier publication : 12 novembre 2014 sur Light ZOOM Lumière.
- Mise à jour complète de l’article : 12 juillet 2026.

Réponses aux questions fréquentes
Quand commence le scintillement de la tour Eiffel chaque soir ?
Tous les soirs, le scintillement a lieu au début de chaque heure pendant 5 minutes.
- Jusqu’à minuit, la plus part du temps.
- Jusqu’à une heure du matin, quand la tour Eiffel ferme à 0 h 45.
A quelles heures s’allume et s’éteint l’illumination de la Tour Eiffel ce soir ?
- L’allumage de la tour Eiffel a lieu au crépuscule du soir, grâce à des capteurs de luminosité.
- Ses lampes au sodium haute pression mettent environ 10 minutes pour atteindre toute leur puissance lumineuse.
- L’illumination de la tour Eiffel s’éteint à 1 heure du matin.
En savoir plus sur l’illumination de la tour Eiffel dans mon article.

A suivre…
Pierre Bideau, ingénieur devenu éclairagiste
Approfondir le sujet
- La Tour Eiffel, un phare universel, de Catherine Orsenne
- Pierre Bideau 1941-2021 : hommage à l’éclairagiste
- Illuminations de la Tour Eiffel, Light ZOOM Lumière
- Jacopozzi : le magicien de la lumière, par Fabien Sabatès
- Les grands moments lumineux de l’histoire de la tour Eiffel, site officiel
Illuminations événementielles
- Illuminations année France-Japon de la Tour Eiffel
- Tour Eiffel en lumière pour le COP21
- Tour Eiffel illuminée par les fans : UEFA EURO 2016

Photo en tête de l’article : Tour Eiffel, Paris, France – illumination, détail éclairage scintillement – Conception lumière, éclairagiste : Pierre Bideau, SNTE – Photo © Vincent Laganier – Tous droits réservés sur les textes et photographies.
Lieu
- Tour Eiffel
- Paris, France
Livres
La Tour Eiffel, un phare universel, de Catherine Orsenne
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Redécouvrez la Tour Eiffel, un phare universel, depuis le monument, de son sommet ou les hauts lieux de Paris en photographies par Catherine Orsenne. |
Lumières architecturales en France, de Vincent Laganier
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Les réalisations lumière les plus significatives en architecture de 1985 à 2000 en France ? Lumières architecturales en France, Vincent Laganier |





Et l’effet de phare de la ville est-ce Pierre Bideau qui en est l’auteur ?
Oui, c’est Pierre Bideau l’auteur du phare. Il a été mis en place pour l’an 2000, dans sa version pérenne.
Très beaux articles qui font vraiment plaisir à lire, photos à redécouvrir pour moi »… Merci, que de bons souvenirs d’inaugurations « magiques » que j’ai vécues tout au Long de mon adolescence…
Sophie Bideau
Merci pour votre commentaires qui me va droit au cœur !
Vous pourrez trouver un chapitre entier du livre « La Tour Eiffel, un phare universel » consacré à l’œuvre de Pierre Bideau sur la Tour depuis 1986…