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Lumière bleue : éclairage des enseignes lumineuses

Existe-t-il d’autres risques d’exposition directe de l’œil aux lumières à Haute Energie Visible ? La question de la lumière bleue des enseignes lumineuses en ville.

Intéressons-nous maintenant au passant circulant dans une rue commerçante dans laquelle sont présentes des enseignes lumineuses, voire des vitrines éclairées, en lumière bleue.

Eclairage des enseignes lumineuses

Dans les quartiers commerçants, nous observons l’apparition d’enseignes lumineuses équipées en LED. La majorité d’entre elles se distinguent parce qu’elles confrontent le piéton à une augmentation importante de l’éblouissement par leur luminosité plus forte que celle des autres enseignes, y compris dans les situations de lumière diffuse. Elles émettent très souvent une lumière blanche une émission clairement cantonnée dans le domaine de la lumière à Haute Energie Visible (HEV).

Mesures de spectres effectuées sur des enseignes de magasins à Paris le 31/01/2017 entre 18h45 et 20h00. Dans le cadre rouge : la bande des 415-455 nm. Spectromètre Light Passport Essence – Document : Jean-Jacques Ezrati et Richard Zarytkiewicz

Ici aussi, l’œil du passant se retrouve contraint d’affronter une lumière comportant un pic de bleus situé en dessous des 455 nm, de manière difficilement contournable. La logique même de l’enseigne étant d’être perçue à distance et à l’intérieur d’un périmètre étendu, cette situation expose tout un chacun à

  • à des intensités lumineuses notables
  • à des conditions de contraste visuel extrême aux heures nocturnes,

le tout pendant un laps de temps cumulé proportionnel au temps de trajet, et à des moments de la journée dont on attend un degré raisonnable de repos visuel.

Quel impact circadien et visuel de ces sources ?

Cette exposition à la lumière a également des effets du point de vue de la stimulation circadienne. Toutefois les caractéristiques spectrales des sources étant encore  le plus souvent une absence de pic dans la zone précise des 460-480 nm, celle-ci reste néanmoins possible par un autre biais.

Point de vue de l’impact circadien

N’oublions pas que le processus de stimulation circadienne (susceptible en soirée de perturber l’endormissement), est activé non seulement par la composition spectrale mais aussi par l’intensité lumineuse, par le temps d’exposition de l’œil et par l’historique lumineux de l’individu. Dans la plupart des cas, par conséquent la stimulation circadienne pourra donc tout de même se produire :

  • par l’intermédiaire du surcroît d’intensité lumineuse (renforcé par le contraste en situation nocturne)
  • ainsi qu’éventuellement en fonction du temps d’exposition et par conséquent du temps de parcours de l’individu (en fonction l’irruption dans son environnement d’autres lumière du même genre sur son chemin).

Enseignes LED en ville – Photo : Richard Zarytkiewicz

Point de vue de la gêne visuelle

Parmi les enseignes publicitaires à la luminosité exagérée on peut citer certaines enseignes de pharmacies. On peut relever sur celles des plus récentes des valeurs en luminance (ou luminosité), similaires à celles d’un ciel très clair par grand soleil. Inutile de s’étendre sur la situation de l’œil de notre passant lors d’un parcours nocturne.

Conclusion

Nous sommes donc ici en présence d’un volet supplémentaire d’interrogations quant aux bonnes pratiques d’éclairage à adopter.

Difficile cependant de faire appel au sens de la responsabilité chez des petits fabricants mais aussi chez des utilisateurs mal informés. Par contre on constate que certaines villes, ont déjà entamé une réflexion en termes de températures de couleurs en évoluant de manière positive vers les 3000K pour l’éclairage public. On peut donc souhaiter qu’elles se dirigent également vers une plus grande prise en compte de ces phénomènes émergeants. Ceux-ci ne doivent pas dégénérer et envahir de manière dommageable le paysage urbain.

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Jean-Jacques Ezrati et Richard Zarytkiewicz
Jean-Jacques Ezrati et Richard Zarytkiewicz
Éclairagistes conseil. Tous deux se sont réunis en collectif sur le thème de la lumière et de la santé et se consacrent ensemble à la réalisation de projets, à l’enseignement et à l’exploration des conditions dans lesquelles ces nouvelles perspectives influent sur la pratique de la conception des environnements éclairés.
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2 Commentaires
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  • Avatar
    6 juillet 2017 at 20 h 48 min

    Difficile de faire du blanc sans bleu et du bleu sans bleu. Le soleil le sait bien. L’important n’est pas tant la couleur que la luminance énergétique. Restons rationnels et un tant soit peu scientifique dans nos commentaires.

  • Ezrati
    Ezrati
    13 juillet 2017 at 9 h 35 min

    Lorsque nous parlons de bleu c’est par facilité de language en fait ce qui nous interesse de reduire c’est les radiations comprise entre 415nm et 460nm suceptibles d’etre beacoup plus nocives pour la retine. Le passage à une temperature de couleur plus chaude est une solution de même que la reduction de l’eblouissement. La luminance energetique n’est pas en cause dans notre propos. Naturellement une forte luminance energetique aura des consequences.

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