Réalisation

Nicolas Schöffer : de la peinture au pistolet à la sculpture-spectacle

Surréalisme, abstraction, spatiodynamisme, théâtres d’ombres et sculpture-spectacle. Rétrospective de l’exposition Nicolas Schöffer à Villeneuve d'Ascq.

Nicolas Schöffer : de la peinture au pistolet à la sculpture-spectacle. Menée avec sensibilité, passion et clarté par le commissariat d’Arnaud Pierre sur la proposition éclairée de Sébastien Delot, le Directeur du LaM – Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut – et la bienveillance de Madame Éléonore de Lavandeyra Schöffer, cette magnifique exposition, qui se visitait comme une expérience, nous présentait l’oeuvre en 9 chapitres.

Plan de l’exposition rétrospective Nicolas Schöffer 2018 © LaM

Surréalisme et abstraction : l’innovation dans les techniques

Dés l’entrée de l’exposition on est étonné par sa première œuvre, une peinture dénommée « Le Prophète » réalisée alors qu’il n’est encore qu’aux Beaux-arts de Budapest, un homme s’adressant à la foule devant une ville du Futur, comme s’il annonçait sa future mission au monde. Et aussi, déjà, par :

  • son avant-gardisme et sa recherche de modes de création automatique dans ses premières œuvres au pistolet à peindre aux effets de bombing, plus de 20 ans avant les premiers graffitis bombés de Cornbread à Philadelphie (1965),
  • son système de pendule à peindre aux effets de dripping (1945), à la même époque que Janet Sobel, l’inventrice historique de cette technique picturale qu’à repris ensuite Jackson Pollock pour la faire sienne avec le succès en salle de vente que l’on connait.

« Spatiodynamisme » : dynamisme et espace

Cherchant l’abstraction géométrique, il s’intéresse à la construction et à l’architecture et crée le spatiodynamisme, l’intégration du dynamisme et du mouvement dans l’espace, ainsi il crée une étonnante horloge spatiodynamique (1949), sa première sculpture cinétique : une œuvre plastique mobile et dynamique dans l’espace. Des principes qu’il adapte à des études architecturales et urbanistiques dont les plans d’une « Ville spatiodynamique » en collaboration avec le jeune architecte Claude Parent.

« Théâtres d’ombres » : la sculpture électrifiée

Sa sculpture est aussi spectaculaire comme il l’écrit dans son premier ouvrage « Le Spatiodynamisme » : « La sculpture spatiodynamique entièrement ou partiellement en mouvement est une sculpture spectacle », ainsi elle est théâtralisée, mise en scène, éclairée de couleurs changeantes et rasantes, sonore par le bruit de ses mécanismes.

Quel plaisir pour les yeux :

  • de voir tourner les sculptures électrifiées, installées sur socles,
  • d’observer tournoyer les miroirs, de se laisser surprendre par un éblouissement, un scintillement,
  • de regarder se mouvoir les ombres déformées, d’admirer les effets lumineux colorés étonnants et aléatoires dans l’espace !

L’ensemble des effets est ainsi reflété sur les parois et les écrans installés à cette fin dans l’espace d’exposition tel un théâtre d’ombres où pouvaient s’exprimer par le passé les danseurs de Maurice Béjart.

Spatiodynamisme, Nicolas Schöffer, 1954 – couverture © Naima

La « sculpture-spectacle » : une expérience du regard

« Désormais, la sculpture se regarde comme on écoute de la musique, dans une expérience organisée du temps ». Brevetant son concept comme un « ensemble lumino-dynamique » (1958), sa sculpture-spectacle devient l’un des éléments d’une installation produisant des effets immatériels lumineux et d’ombres captés par des écrans. Les sculptures étaient superbes, éclairées en contre plongées, produisant de beaux effets sur des écrans translucides et les parois de la scénographie.

  • Les « Lux » (à partir de 1957) sont réalisées en inox, reflètent et scintillent à la lumière.
  • Les « Chronos » (1960) sont commandés par une programmation électromécanique.

Les effets aléatoires sur écrans sont assimilés par l’artiste comme un cinéma sans caméra qu’il enregistre dans plusieurs courts-métrages créant des jalons dans l’histoire du film expérimental.

A suivre…

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Approfondir le sujet

Photo en tête de l’article : Lux 13 variation de Nicolas Schöffer – extrait de la vidéo produite par © Galerie 47

Équipe du projet

Maîtrise d'ouvrage LaM, Lille Métropole Musée d'art moderne d'art contemporain et d'art brut Sébastien Delot
Plasticien lumière Nicolas Schöffer
Commissaire d'exposition Arnaud Pierre
Assistant à maîtrise d'ouvrage Éléonore de Lavandeyra Schöffer

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aka JBWB est light artist. Il s’exprime avec la lumière du soleil et les lumières artificielles et le light painting. Troisième génération d’artistes dans sa famille, il est passionné de lumières depuis l’enfance. Design céramique à Sèvres, design urbain à l'ESAAD Duperré, École du Paysage de Versailles - ENSP, monde du spectacle, de l’exposition et de l’Art contemporain, conception lumière architecturale en indépendant sont ses formations. Il est l’initiateur et le cofondateur de la Ligue Francophone de Light Painting-LFLP. Curieux, généreux dans ses partages, il communique ici ses découvertes, avis et coups de cœur lumineux.
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Lieu

  • La Villa des Arts
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