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Benoit Quéro, homme de théâtre dans la lumière

Des métiers du spectacle à la rencontre décisive avec Henri Alekan, parcours de Benoit Quéro, homme de théâtre dans la lumière.
par Vincent Laganier9 avril 2019

Comment as-tu débuté dans la profession ?

Benoit Quéro : j’ai commencé par un hasard de la vie étudiante en réalisant un décor, sans diplôme de menuisier, pour un ami architecte. J’étais en fac de lettres à Rennes où j’ai fait trois ans.

  • Première étape, il a fallu déplacer ce décor après sa construction.
  • Deuxième étape, y insérer des projecteurs avec des lampes dichroïques et des volets.
  • Troisième étape, apporter l’alimentation en électricité.

J’étais assez fasciné par les comédiens qui jouaient dans le décor et le public avant le spectacle.

Ainsi est née ta vocation pour les métiers du spectacle ?

Benoit Quéro : oui, par une période d’apprentissage intense. Tu as envie de t’insérer dans un métier que tu découvres et c’est surprenant. Tu vois toutes ces possibilités incroyables. Alors tu observes, tu regardes, tu mattes, t’écoutes et tu t’imprègnes de comment font les autres.

Après, c’est comme dans la vie, c’est une histoire de rencontres. Alors, pour peu que tu aies un regard un peu nouveau et complice avec les gens, ils sont fiers de t’expliquer leur métier. J’ai eu la chance de rencontrer un certain nombre de personnes qui aimaient transmettre.

Lumière pour le spectacle, de Valentin François-Éric -couverture © Librairie Théatrale

Quel livre sur la lumière au théâtre t’a marqué ?

Benoit Quéro : a cette époque, il y avait le bouquin de François Eric Valentin, “Lumière pour le spectacle”. Cette espèce de bible du moment qui n’était pas un donneur de leçon, où il parlait de son expérience et de sa sensibilité à la lumière. C’était intéressant. Nous l’avons tous regardé !

Comment s’est passée la rencontre avec Henri Alekan ?

Benoit Quéro : je ne sais pas par quel truchement j’ai eu l’occasion de passer une semaine avec Henri Alekan, directeur de la photographie et chef opérateur. Nous étions 4 à 5 jeunes. Il nous a dit “les gars, vous voulez faire de la lumière, et bien, je vous donne rendez-vous au musée des Beaux-Arts de Nantes“. C’est quoi ce chantier !? L’objectif était de découvrir la lumière dans les tableaux. À Nantes, il y a de La Tour et bien d’autres toiles. C’est une vraie école du regard.

Le rêve de Saint Joseph – Collection du Musée d’Arts de Nantes, France – Peinture sur huile © Georges de La Tour

Que gardes-tu de cette visite au musée des Beaux-Arts de Nantes ?

Benoit Quéro : il a fait très fort et je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, car il ne suffit pas d’éclairer, il faut mettre en lumière. C’est une invitation à travailler plus subtilement, à lever la tête, à regarder les lumières naturelles, toutes les lumières et toutes les ombres qui participent au tableau de la vie. Ce métier d’éclairagiste naissant n’avait alors plus du tout le même sens pour moi.

Quelle autre expérimentation sur la lumière as-tu faite ?

Benoit Quéro : pendant une période, je me suis essayé à faire des horizons sur des cycloramas à l’opéra. J’en ai fait toute une série du rougeoiement à des trucs beaucoup plus subtils et extraordinaires.

Où as-tu travaillé au théâtre en France et au Québec ?

Benoit Quéro : j’ai eu des expériences de théâtre pour enfants avec la Compagnie du Point du Jour de Rennes et au Québec. C’était le moment où le théâtre pour le jeune public avait des moyens. J’étais salarié de la compagnie en tant que régisseur et homme à tout faire. Ce n’était pas de l’amusement pour les petits. Il y avait de vrais scénarios, une écriture, de vrais univers de décor et des références cultivées.

J’ai aussi fait du théâtre de rue avec des jongleurs qui cartonnaient, l’Institut du jonglage installé à Nantes. D’autres expériences à l’opéra, avec France 3 où je faisais des décors. Enfin, j’ai fait pas mal de petits boulots et d’intérim. Dans ma vie, je n’ai fait que trois mois avec le statut d’intermittent, sinon j’étais salarié !

Propos recueillis par Vincent Laganier à Avignon le 28 septembre 2018

A suivre…

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Équipe du projet

Concepteur lumière Benoît Quero
Directeur de la photographie Henri Alekan
Créateur lumière François Eric Valentin
Conservateur Musée d’arts de Nantes
Compagnie Compagnie du Point du Jour Institut du jonglage

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Effets lumière Lumière directe Lumière ponctuelle
Techniques d'éclairage Éclairage scénique Éclairage muséographique
Professions Créateur lumière
Supports Texte Photo Couverture
Fonction du lieu Théâtre
Source Vincent Laganier Light ZOOM Lumière
Vincent Laganier
Vincent Laganier
Architecte diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes. Rédacteur en chef du portail Light ZOOM Lumière depuis 2012. Auteur de six ouvrages de référence sur la lumière, la ville et le bâtiment. Enseignant en éclairage à l’ENSA Nantes, au Pôle Atlantique et au Campus Lumière de Lyon.
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