Video Mapping Awards 2019 : nominés et palmarès
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3 coups de cœur aux Video Mapping Awards 2019

Flashback sur la première édition internationale des Video Mapping Awards. Coups de cœurs de la sélection 2019 à Lille durant le Vidéo Mapping Festival.
par Jean-Baptiste Wallers-Bulot10 avril 2020

Le palmarès du jury du Video Mapping Awards 2019 semble juste. Pour autant d’autres réalisations m’ont touché. Voici mes coups de cœur de l’an dernier à partager.

The Cherry Orchard de Parisa Karimi, Allemagne

Tout d’abord, l’émotion de The Cherry Orchard de Parisa Karimi (Allemagne), mapping monumental, 10 minutes, projeté au n°9 de la Kiefernstraße, Düsseldorf, Allemagne, du 18 au 20 octobre 2018.

Cette réalisation n’a pas été primée mais pour moi ce fut un très beau moment sensible. Le mapping présenté est un extrait d’une pièce de théâtre en plein air, version adaptée de “La Cerisaie” d’Anton Tchekhov où les personnages sont des squatters. Cette pièce traite de la politique urbaine de la ville de Düsseldorf et des modifications qu’elle entraîne sur un quartier populaire historiquement squatté.

Le mapping évoque la vie utopique libre et créative des squats des années 80, leur résistance face à la vente des terrains et l’expulsion des habitants, leurs disparitions face à la gentrification forcée. Dans une mise en abyme sensible, une rue squattée des années 80 est le lieu de la représentation, et la façade décrépie de l’un des immeubles est le support de la projection.

Le vidéo mapping est réalisé avec une esthétique underground naïve et sensible, c’est pour moi un mapping à la “suédé”, le bricolage de films lancé par le réalisateur Michel Gondry.

Il est empli d’une esthétique très touchante qui mêle des dessins sensibles, des vidéos de manifestations et des photos historiques.

La projection est accompagnée de collages sonores composés d’une musique ambiant, rock ou enfantine d’archives historiques, d’interviews d’habitants ou d’artistes, et de pensées de petits enfants sur la Vie, donnant au tout une vraie fraîcheur.

L’accompagnement sonore est constitué d’une musique ambiant, rock, enfantine ou piano, évocatrice d’une ambiance joyeuse ou de la nostalgie d’un passé révolu accompagné parfois de rythmes de bruitages.

C’est vraiment ma découverte la plus sensible sur cette compétition, comme quoi le mapping peut aussi être le vecteur d’émotions.

NUCLEUS³ de ruestungsschmie.de, Allemagne

Ensuite les effets visuels inédits de NUCLEUS³ de ruestungsschmie.de (Allemagne), mapping monumental, 7 min 25, projeté sur l’Église Sainte-Ludmila, Prague, République tchèque, du 11 au 14 octobre 2018 lors du SIGNAL Festival 2018.

Ce n’est pas pour rien que cette œuvre a remporté l’Award du Mapping Monumental. C’est une vraie claque visuelle ! Oui on peut l’appeler “œuvre” car cet univers singulier en noir et blanc sort de l’esthétique ordinaire et commerciale du mapping vidéo tout comme l’avait fait “Evolutions” de Yann Nguema en 2016 sur laquelle j’avais longuement écrit.

Pour la résolution d’une question existentielle “Qu’attendons-nous de l’Avenir ? », le duo allemand nous plonge dans une vision synthétique et minimaliste de la réalité, nous entrons dans la Grille ! Un œil robotique, projeté sur la rosace de l’église, nous offre une vision analytique de l’espace, se transformant ensuite en un tunnel sans fin nous menant vers une immersion visuelle au cœur des entrailles de la bâtisse. Nous jouons les passes murailles virtuels sous une ivresse légère.

 

Eléments architecturaux éclairés et rythmés comme des instruments, Lignes de scanner, lignes fuyantes disparaissant vers des points de fuite inconnus, vision embrumée de bruits visuels, animations de lignes cinétiques et op art en sont les éléments d’un vocabulaire. Des effets vidéos superbes qui ont étés depuis repris par d’autres artistes.

PASSAGE de Théoriz, France

Des effets spéciaux bluffants, le film de réalité mixte PASSAGE de Théoriz (France), mapping 360°, 6 min 7 s.

Le studio lyonnais nous projetait non officiellement ce court-métrage étonnant qui explore les limites du réel et du virtuel. C’est le scénario d’un couple qui se cherche au cours d’un parcours traversant des espaces surréalistes, des dimensions virtuelles et numériques.

Non il ne s’agit pas d’un énième fond vert avec les incrustations en post production de personnages dans une imagerie 3D, mais d’un film tourné avec une toute nouvelle technique permettant l’usage de la réalité mixte dans la cadre d’une production audiovisuelle : la captation de danseurs qui évoluent dans un espace vidéo mappé !

C’est bluffant de justesse. Il faut nous l’expliquer ou consulter les vidéos des tests et du making off visionnées plus de 20 millions de fois pour le comprendre. Les effets spéciaux en anamorphoses sont savamment orchestrés, invisibles, il n’y a pas de projection sur les comédiens et pas d’ombres parasites.

Vous ne pouvez voir ici que le teaser, la sortie officielle du film aura lieu bientôt. Vous en saurez certainement plus prochainement sur nos pages.

Conclusion

En 2019, les premiers Awards étaient peu connus par les professionnels qui avaient peu répondu à l’appel à candidatures, ils n’en avaient malheureusement pas compris le principe ou n’en n’étaient pas informés, depuis le bouche à oreille a très bien fonctionné puisque l’édition 2020 du Video Mapping Awards s’annonce d’une très grande qualité. Ainsi de très grands artistes et studios internationaux sont en concurrence dans diverses catégories pour les différentes récompenses honorifiques, et ce sont plus de 3 heures de projections qui sont annoncées.

Alors n’hésitez pas à passer à Arras pour l’après-midi de projections qui aura lieu avant la remise des prix lors de la soirée de clôture du Video Mapping Festival 2020.

Approfondir le sujet

Photo en tête de l’article : The Cherry Orchard, de Parisa Karimi, n°9 kirschgarten, Düsseldorf, Allemagne – video mapping © Parisa Karimi

Équipe du projet

Maîtrise d'ouvrage Rencontres Audiovisuelles
Créateur numérique Parisa Karimi ruestungsschmie.de Théoriz Studio Théoriz

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Jean-Baptiste Wallers-Bulot
Jean-Baptiste Wallers-Bulot
aka JBWB est light artist. Il s’exprime avec la lumière du soleil et les lumières artificielles et le light painting. Troisième génération d’artistes dans sa famille, il est passionné de lumières depuis l’enfance. Design céramique à Sèvres, design urbain à l'ESAAD Duperré, École du Paysage de Versailles - ENSP, monde du spectacle, de l’exposition et de l’Art contemporain, conception lumière architecturale en indépendant sont ses formations. Il est l’initiateur et le cofondateur de la Ligue Francophone de Light Painting-LFLP. Curieux, généreux dans ses partages, il communique ici ses découvertes, avis et coups de cœur lumineux.
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