Michel Verjux au musée Picasso d’Antibes, la lumière en scène
Voiles, découpes, traverses n’impose rien au musée Picasso. L’exposition Michel Verjux suggère, éclaire et déplace. Elle rend au lieu sa vibration secrète et au visiteur une forme de disponibilité perdue. On en ressort avec l’impression fragile mais tenace d’avoir vu autrement, non seulement un musée, mais aussi une architecture et une lumière. Et peut-être même un peu de soi.
Michel Verjux, voiles, découpes, traverses
- Michel Verjux au musée Picasso d’Antibes
- Comment les pièces de Michel Verjux créent avec la lumière ?
- Qui est Michel Verjux ? Un parcours entre lumière et mouvement
- Quelles œuvres voir au musée Picasso à Antibes ?
- Programme autour de cette exposition Michel Verjus
- Ou se loger proche du musée Picasso d’Antibes ?
- Informations pratiques pour visiter le château Grimaldi d’Antibes
- Comment se rendre à Antibes ?
- Approfondir le sujet
- Commentaires
Michel Verjux au musée Picasso d’Antibes
À Antibes, l’été ne se contente pas d’embrasser la mer et les remparts. Il entre aussi dans les salles du musée Picasso, au château Grimaldi. L’artiste Michel Verjux déploie une exposition aussi discrète que bouleversante : Voiles, découpes, traverses. Elle est à voir du 28 juin au 27 septembre 2026. Ici, il n’est pas question d’accrocher des formes au mur comme on épingle une certitude. Il s’agit au contraire d’ouvrir le regard, de déplacer la perception, de laisser la lumière faire apparaître ce que l’on croyait connaître.

« Ici, dans les salles d’exposition du musée Picasso, à Antibes, mes « éclairages » portent plus particulièrement, et tout à la fois, sur ce qui est voilé et dévoilé, caché et montré, sur ce qui apparaît, n’apparaît pas et/ou disparaît. Il porte aussi sur les formes, structures et configurations qui se découpent, ou non, dans l’architecture intérieure et dans le paysage urbain et maritime. Il porte enfin sur toutes ces traversées, par endroits et par instants, que constituent aussi bien celles, concrètes et objectives, de l’espace architectural que celles, subjectives, mais aussi corporelles, et forcément mentales (abstraites et projectives) des visiteurs, ces passants occasionnels ou non qui, justement, traversent ces éclairages. […] »
Michel Verjux, artiste plasticien et enseignant- chercheur

L’exposition prend une résonance particulière dans ce lieu habité par la mémoire de Picasso. « J’aime avant tout la lumière », disait un jour le peintre à Apollinaire. La phrase semble aujourd’hui traverser les pierres du château pour rencontrer le travail de Michel Verjux. Cet artiste français ne sculpte ni la pierre ni le bois, mais l’évidence même du visible. Son geste est minimal, presque humble. Il est pourtant d’une puissance rare : éclairer, cadrer, révéler. En intervenant dans les salles du musée, il ne recouvre pas l’architecture. En trois mots, il la réveille.
Comment les pièces de Michel Verjux créent avec la lumière ?
Chez Michel Verjux, la lumière n’est pas un effet décoratif. Elle est le cœur de l’œuvre. C’est son matériau, son langage et sa respiration. L’artiste ne cherche pas à « ajouter » au lieu une présence spectaculaire. Dans l’angle mort du regard, il préfère révéler ce qui existe déjà, mais qui demeurait en retrait. Ses projections de lumière, orientées, focalisées, découpées avec précision, font surgir un fragment de mur, une ligne, une ouverture, une tension entre l’ombre et le plein jour. Le regard est alors rééduqué. Ce que l’on traversait sans y penser devient tout à coup une scène.
« Éclairer, et seulement éclairer, c’est déjà exposer. »
Michel Verjux, Notes numérotées à mon nombre de jours de vie, note n° 10818 (1986)

C’est toute la singularité de cette exposition au musée Picasso proposé par Jean-Louis Andral, directeur de l’institution et commissaire de l‘exposition. La lumière artificielle dialogue avec la lumière naturelle de la Méditerranée. Dans ce château suspendu entre ciel, ville et mer, Michel Verjux compose des rapports subtils entre ce qui :
- entre par les fenêtres,
- glisse sur les murs,
- est projeté par ses dispositifs.

Ses œuvres parlent de ce qui est voilé ou dévoilé, caché ou montré, de ce qui apparaît puis disparaît. Elles invitent aussi le visiteur à entrer physiquement dans l’expérience. Car une œuvre de Verjux ne se regarde pas seulement : elle se traverse et se ressent. Elle engage le corps autant que l’œil.

Qui est Michel Verjux ? Un parcours entre lumière et mouvement
Né en 1956 à Chalon-sur-Saône, Michel Verjux vit et travaille entre Paris et la Bourgogne. Artiste plasticien et enseignant-chercheur, il s’est imposé depuis les années 1980 comme l’une des figures majeures d’un art conceptuel sensible, centré sur l’acte de montrer. Après des études à Dijon, de l’IUT aux Beaux-Arts, où il obtient son diplôme en 1982, il participe à la fondation de lieux essentiels pour l’art contemporain, comme À la limite en 1981 puis Le Consortium à Dijon en 1983. Très vite, sa recherche s’oriente vers une pratique radicale : faire œuvre avec la lumière seule.

Ses débuts passent par la performance, la vidéo, les installations multimédias, mais aussi par la scénographie théâtrale. Cette attention au déplacement, à la mise en scène et au mouvement irrigue encore son travail aujourd’hui. Depuis 1983, en France comme à l’international, il réalise des expositions temporaires et des œuvres pérennes dans des musées, galeries, espaces publics et sites patrimoniaux.
Parallèlement, il mène une réflexion théorique sur l’art, l’exposition et le regard, notamment à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il enseigne. Chez lui, la pensée n’éteint jamais l’émotion ; elle l’aiguise. Sa lumière n’est pas seulement physique : elle est une manière de questionner notre présence au monde.
Quelles œuvres voir au musée Picasso à Antibes ?
L’exposition Michel Verjus, Voiles, découpes, traverses s’appréhende comme un parcours, plus que comme une succession d’objets. Les interventions de Michel Verjux dialoguent avec les salles du musée Picasso, leurs volumes, leurs ouvertures, leurs seuils et leur rapport unique au paysage marin.
Il faut accepter ici de ralentir. L’exposition ne se livre pas dans l’instant d’un regard furtif. Elle demande de laisser le temps à la lumière d’agir, à l’œil de s’habituer, à l’émotion de venir. C’est dans cette disponibilité que naît la surprise.
Pour vous guider, voici ce qu’il faut particulièrement observer.
Projections lumineuses in situ
Elles constituent le cœur de l’exposition, avec des faisceaux orientés et cadrés qui révèlent des pans d’architecture et modifient la perception des salles.
Jeux de voiles et de dévoilement
Certaines interventions travaillent la sensation de ce qui se cache, se montre ou s’efface, en lien direct avec le titre de l’exposition.

Découpes de lumière
Formes géométriques élémentaires, disque de lumière ou carré lumineux, elles sculptent l’espace sans matière. Elles redessinent les murs, les sols ou les seuils.
Traverses visuelles et physiques
Le visiteur est invité à circuler dans l’œuvre, à passer à travers les éclairages et à devenir lui-même acteur du parcours.
Dialogue avec l’architecture du château Grimaldi
Fenêtres, angles, volumes, ouvertures sur la ville et la mer deviennent des éléments constitutifs des œuvres.

Rencontre entre lumière naturelle et lumière projetée
Un aspect essentiel de la visite, particulièrement sensible selon les heures du jour.
Rapport aux collections et à la mémoire de Picasso
Sans jamais les concurrencer, les interventions de Verjux offrent une lecture nouvelle du musée lui-même.
Programme autour de cette exposition Michel Verjus
Des visites et ateliers à Antibes
Le musée Picasso accompagne l’exposition d’un programme de visites et d’ateliers qui prolongent admirablement l’expérience. Loin d’un simple commentaire didactique, ces rendez-vous invitent à penser, sentir et pratiquer la lumière. On y croise des :
- promenades philosophiques,
- visites flash,
- ateliers en famille,
- expériences immersives pour adultes et adolescents.
Tout est conçu pour faire dialoguer perception, création et réflexion.

Temps forts du programme d’accompagnement
Parmi les temps forts, je note :
- 8 juillet : Péripatéticiens du LUX, une déambulation philosophique dans l’exposition,
- 10 juillet : Un autre regard, atelier familial autour des perceptions,
- 16 juillet : Du visiteur au spectateur, expérience immersive pour adultes et adolescents
- 22 juillet : Révéler l’insaisissable
- 29 juillet : Détours poétiques
- 12 août : Visite des Pourquoi
- 26 août : Que mettre en lumière ? avec un atelier d’écriture
- 28 août : Ombre portée.
S’ajoutent les visites flash En lumières, organisées plusieurs jeudis jusqu’au 24 septembre à 15 h.
Les inscriptions sont obligatoires au moins 48 heures à l’avance :
- par courriel : via la page de l’exposition Michel Verjus du site de la ville d’Antibes-Juan-Les-Pins
- par téléphone : 04 92 90 54 28.
Le programme peut évoluer, mais il confirme déjà une chose : cette exposition n’est pas seulement à voir, elle est à vivre à plusieurs !

Ou se loger proche du musée Picasso d’Antibes ?
Pour séjourner à proximité du musée Picasso d’Antibes, plusieurs options d’hébergement s’offrent aux visiteurs.
Je vous conseille de réserver tôt, surtout pendant la période estivale, afin de bénéficier d’un bon compromis entre confort, mobilité et budget.
- Choisir vos dates.
- Filtrer votre budget par nuit.
- Comparer le meilleur prix.
- Réserver en ligne !
Informations pratiques pour visiter le château Grimaldi d’Antibes
Lieu de l’exposition Michel Verjus
- Musée Picasso
- Michel Verjus. Voiles, découpes, traverses
- Du 28 juin au 27 septembre 2026
- Place Mariejol
- Château Grimaldi
- 06600 Antibes, France
Horaires
- Musée est fermé le lundi.
- Du 15 juin au 15 septembre : de 10 h à 18 h.
- Du 16 septembre au 14 juin : 10 h à 13 h et 14 h à 18 h.
Les caisses ferment 30 minutes avant la fermeture.
Billeterie
Le tarif plein est de 12 €, le tarif réduit de 8 € sur justificatif.
Des billets combinés sont également proposés, notamment pour plusieurs musées municipaux sur 7 jours, ou avec la Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman.
Accessibilité
L’accès aux personnes à mobilité réduite se fait par l’entrée place du Barri.
Application gratuite Picasso Antibes
À noter également : l’application gratuite Picasso Antibes peut accompagner utilement la visite.
- Application Picasso Antibes, pour iPhone et iPad
- Application Picasso Antibes, pour Smartphone Android

Comment se rendre à Antibes ?
Rejoindre Antibes est relativement simple, et c’est aussi ce qui rend l’escapade si séduisante.
En train
La gare d’Antibes est desservie par les TER de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que par certains TGV.
Depuis la gare, le centre historique et le musée Picasso sont accessibles en quelques minutes en taxi, en bus ou à pied pour les marcheurs qui souhaitent entrer progressivement dans l’atmosphère de la ville.
En voiture
Antibes se rejoint par l’autoroute A8, avec des sorties permettant de rejoindre rapidement le centre. En été, mieux vaut anticiper le stationnement et privilégier, si possible, les parkings en périphérie du vieil Antibes.
En avion
L’aéroport de Nice Côte d’Azur est le plus proche, à environ une trentaine de minutes selon la circulation. Des liaisons en train, bus, taxi ou voiture de location permettent ensuite de rejoindre facilement la ville. Et puis il y a cette arrivée incomparable, par la route ou par rail, quand la mer surgit soudain : Antibes apparaît alors comme un seuil, un passage, presque une promesse — exactement le terrain rêvé pour l’art de Michel Verjux.

Approfondir le sujet
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Photo en tête de l’article : Michel Verjux, Voiles, découpes, traverses – Vues de l’exposition, musée Picasso, Antibes, France, 2026 – Photo © François Fernandez © Michel Verjux
Livres
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Équipe du projet
Lieu
- Musée Picasso
- Antibes





