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Images nocturnes, ouvrir les portes de la perception

Expérimentations plastiques en design d’espace à l’ESAA Duperré autour de l’histoire de la rue et de la scénographie urbaine. Quand le projecteur à gobo parle.
par Maxime Brunois26 janvier 2018

Le projecteur à gobo offre la possibilité de créer un espace dans l’espace : une véritable fenêtre ouverte vers un autre monde. Créer des textures, affecter l’humeur, provoquer des contrastes, modifier la perception, sont autant d’actions qui peuvent être déclinées par ce procédé.

Intérieur d’un projeteur à gobo © Maxime Brunois

Faire surgir l’extraordinaire

Cadrer une partie d’une façade avec une découpe élève le détail au rang d’architecture. L’observateur se focalise alors sur cet espace délimité par un contraste net et fort. Cet élément, devient soudainement l’expression d’une histoire, d’un passé, d’un monde à imaginer.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Plus la découpe est précise, plus l’idée de projection d’une image s’accentue.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Si le spectateur percevait le reste de l’édifice, il pourrait alors penser que ce cercle projeté est une image. Avec ce détail, l’usager conçoit, par métonymie, le reste du bâtiment.

Cour intérieure de l’ESAA Duperré, 11 Rue Dupetit-Thouars, Paris 3eme © Maxime Brunois

Une partie concentrique, suspendue dans le vide, surprend et dérange car isolée de son tout. Comme un rappel de la lumière solaire homogène et intense, cette pièce découpée dans le jour flotte dans l’immensité de la nuit.

Cour intérieure de l’ESAA Duperré, 11 Rue Dupetit-Thouars, Paris 3eme © Maxime Brunois

Projetée avec une forte intensité, une lumière homogène dans la rue crée une illusion d’optique et une sensation de rêve. Telle une anamorphose, les différents éléments éclairés par la découpe lumineuse semblent réunis et soudés le temps d’un instant.

Rue Charles-François Dupuis, Paris 3ème © Maxime Brunois

La lumière gomme leurs différences de matières, de formes, de tailles et de dispositions dans l’espace. Tout paraît rassemblé sur un même plan vertical.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Comme des portes pleines qui renvoient aux espaces qu’elles révèlent. Cela permet de sortir de la notion d’une image « cadrée » et de faire en sorte qu’elle devienne un espace.

Fusionner l’image et l’espace

L’effet de basculement entre deux réalités suggère surprise et mystère. Quand l’image prend le relais en valorisant un détail architectural, l’observateur est en communion avec plusieurs espaces : l’espace d’où il observe, l’espace où l’on projette et l’espace que l’on projette.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Ainsi, une sensation de trouble est provoquée : idéal pour plonger le spectateur dans son imaginaire. Ce dernier interagit avec l’environnement et son corps est physiquement au cœur de cette expérience sensorielle.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Projeter des images dans la rue, c’est réaliser des versions tangibles de scénarios d’utilisation utopiques où la fiction prend subitement le relais d’une impossibilité physique. Ainsi l’espace et le temps sont étendus, démultipliés grâce à ces propositions qui offrent des architectures interactives par le moyen d’images habitables.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Véritables fusions entre matière et lumière, ces images semblent suspendues dans le temps, en veille, attendant le regard d’un spectateur.

Cour intérieure de l’ESAA Duperré, 11 Rue Dupetit-Thouars, Paris 3eme © Maxime Brunois

L’espace se fait modulable, interchangeable, les murs disparaissent pour n’être plus que parois, membranes, surfaces de projections invisibles.

Rue Charles-François Dupuis, Paris 3ème © Maxime Brunois

L’espace réagit à la présence de ses habitants. Un espace sensoriel à expérimenter et à vivre. La projection devient le passage entre deux réalités, deux champs d’expériences, un interstice.

Rue Dupetit-Thouars, Paris 3ème © Maxime Brunois

Lieu

  • Ecole supérieure des Arts Appliqués ESAA Duperré
  • Paris, France

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Sujets Expérimentation Projecteur découpe Gobo ESAA Duperré Rue Façade Imaginaire Cercle lumineux Lumière découpée Espace urbain Image nocturne Habitant
Effets lumière Projection d'images
Techniques d'éclairage Éclairage scénique
Professions Étudiant
Supports Texte Photo
Fonction du lieu Rue & avenue
Source Vincent Laganier Light ZOOM Lumière
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Maxime Brunois
Maxime Brunois
Actuellement étudiant en architecture à l'ENSAVT de Marne-la-Vallée, c'est à l'ESAA Duperré qu'il manipule pour la première fois la lumière en tant que médium. Il découvre ensuite les nombreuses potentialités de ce matériau grâce à des ateliers et à des rencontres avec les professionnels de la scène. Son expérience au sein des agences 8’18’’ et Concepto lui permet d'asseoir cette première approche.
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