Château royal de Blois : Païlum illumine le patrimoine
Le château royal de Blois, mis en lumière par l’atelier Païlum de Florian Jouhaud, s’impose comme un projet exemplaire en France sur les monuments historiques. Pour quelles raisons ? D’abord pour la qualité de sa lecture architecturale. Ensuite, pour l’exigence de son intégration technique à l’édifice. Conçu dans une logique de conception-réalisation en groupement avec R2, Save Technologie et Trait Carré Architectes, ce chantier met aussi en avant des produits made in Europe, comme Anolis Lighting.
Au-delà de la conception lumière, l’installation raconte aussi une autre manière de faire : discrète, réversible autant que possible, attentive au patrimoine, aux usages urbains et aux contraintes d’exploitation. Sans trahir son identité de jour, le résultat donne au château une présence nocturne renouvelée. Rencontre avec les acteurs de cette réalisation réussie.
Marché de conception-réalisation pour la mise en lumière
Politique de rénovation des illuminations de Blois
Depuis plusieurs années, la Ville de Blois mène une stratégie de rénovation de l’éclairage extérieur, comme des illuminations du patrimoine local. Par exemple :
- la mise en lumière du pont Jacques-Gabriel avec Virginie Voué,
- le remplacement de 850 points d’éclairage public avec Eclatec et Nexiode.
Ainsi, la mise en lumière de la façade principale du château royal de Blois et de ses remparts est née d’un appel d’offres de la ville. Chef du projet, Didier Guilmain, chargé d’opérations en éclairage public de la ville de Blois, a dirigé l’opération. La direction de l’Aménagement et de la Nature de cette collectivité, dont il fait partie, souhaitait « que la lumière soit au service du bâtiment et non l’inverse. »

Membres du groupement conception-réalisation
De manière judicieuse, l’équipe du groupement rassemble plusieurs profils complémentaires : un jeune concepteur lumière, deux installateurs locaux spécialisés en éclairage et un architecte du patrimoine du département voisin.
- Concepteur lumière, paysagiste DLPG : Païlum, Florian Jouhaud.
- Installeur sur le château : Save Technologie, Laurent Pinon.
- Installeur espace public : R2 l’Énergie d’Éclairer, Romain Robinet.
- Architecte du patrimoine : Trait Carré Architectes, Thierry Guittot.
Florian Jouhaud précise qu’il s’agit d’un marché de conception-réalisation. Ce format plutôt rare pour une mise en lumière a pourtant permis de faire travailler ensemble concepteurs et entreprises. Ainsi, dès la phase d’esquisse, une logique d’efficacité et de validation progressive a été appliquée.
Conception lumière du projet : une lecture nocturne progressive
Concept de mise en lumière de la façade Louis XII
Avec un traitement qui part du pied de façade vers la toiture, le concept lumière repose sur une lecture nocturne progressive de la façade Louis XII. L’idée de Païlum est de créer un éclairage architectural unificateur. Grâce à un voile de lumière en dégradé, de l’ambre au blanc chaud 2700 K, les trois parties architecturalement différentes de la façade sont reliées. L’ambre est aussi un rappel de la teinte chaude des fêtes royales et des premières illuminations de château à la bougie, au pied des monuments.
L’intention était aussi de « proposer une mise en lumière qui apportait une nouvelle vision sur le château sans dénaturer son identité », raconte Florian Jouhaud. Ainsi, pour mettre en valeur sa façade principale, l’idée était d’inverser la hiérarchie visuelle habituelle entre les éléments bas, très visibles le jour, et les parties hautes, souvent moins vues par les passants. L’éclairage révèle ainsi ses détails sculptés les plus nobles présents au niveau de la toiture.

Pour autant, le principal défi tenait donc à l’intégration au patrimoine. Il fallait éviter les appareils visibles, les percements, et toute intervention intrusive sur ce monument historique. Le projet visé par la DRAC devait aussi limiter l’impact au sol, préserver les contraintes archéologiques et respecter la faune nocturne. C’est pourquoi des dispositifs de coupe-flux et une montée en lumière progressive en soirée ont été réalisés.
Intégration discrète de la mise en lumière de la façade Louis XII
Implantation lumière en site historique
Dessinant un voile lumineux évolutif, la façade Louis XII est traitée par un ensemble de projecteurs. La partie basse repose sur des luminaires implantés sur deux mâts et une toiture de la place du château. La partie haute utilise une structure discrète, située derrière les balustres, pour positionner et dissimuler les appareils d’éclairage, faire passer les câbles d’alimentation électrique et de pilotage.
L’installation électrique a été partagée entre deux intervenants complémentaires : Save Technologie pour la partie château, et R2 l’Énergie d’Éclairer pour l’espace public. Avec des compétences adaptées à chaque périmètre public/privé, cette répartition a permis d’optimiser la pose sur le monument et sur la place.

Pour ne pas ralentir la livraison de la mise en lumière, il a été fait le choix, en accord avec la ville de Blois, de déposer deux demandes d’autorisation de travaux distinctes. C’est-à-dire un permis de construire pour la partie espace public et une autorisation préalable de travaux des monuments historiques – ATMH – pour la partie château parce qu’elle pouvait prendre jusqu’à six mois pour son instruction. Aussi, à chaque étape, l’ABF et le CRMH ont été intégrés pour garantir une prise en compte de leur prescription tout au long du projet.
Projecteurs Anolis Lighting sur la façade du château
Pour la façade du château, Anolis Lighting a été retenu pour « la variété de ses faisceaux, le multichip (MC) pour les sources LED, sa capacité à répondre aux contraintes RGB-Ambre – une demande de la mairie –, et le DMX intégré dans les appareils », explique Florian Jouhaud. « Il y avait deux gros points techniques assez intéressants pour les installateurs : que l’on puisse être en RDM, c’est-à-dire avoir la carte DMX intégrée dans l’appareil, et que l’alimentation puisse être déporté ou non du projecteur. »

« Le DMX envoie une info depuis le contrôleur vers les luminaires et le RDM, dans le même câble, permet un retour d’info du luminaire dans l’autre sens », précise Sylvain Bresson. « Chez Anolis tous les projecteurs intègrent une carte DMX/RDM, ce qui permet un contrôle individuel de chaque machine. »
L’accentuation des éléments architecturaux est réalisée avec des projecteurs Calumma S et XS en RGBA de chez Anolis Lighting, soit un mélange de couleurs LED : rouge, vert, bleu, ambre, pour un éclairage ponctuel et subtil des éléments sculptés de la façade.

Grâce à une collaboration étroite entre conception, entreprise et exploitants, le défi a été relevé dans une logique de validation en continu. Sylvain Bresson, chef de projets Prescription architecturale chez Anolis Lighting souligne : « La précision de Florian Jouhaud, sa pédagogie et sa capacité à fédérer les acteurs autour d’une solution commune ont permis d’aboutir à un résultat cohérent. »
Support sur mesure pour les projecteurs en toiture
Aucun projecteur n’est fixé de manière visible ou invasive. Afin de limiter l’impact sur la façade et de garantir une intégration propre sur le château royal de Blois, Laurent Pinon de Save Technologie explique que « des supports sur mesure ont été conçus pour se poser sur les balcons, sans perçage. Puis, au fur et à mesure des essais nocturnes réalisés, nous avons intégré l’emplacement des projecteurs que Florian Jouhaud a déterminé sur ces supports ».
Quand il fallait intervenir en toiture, les équipes ont travaillé avec un parti pris de fixation minimaliste. Elles se sont appuyées sur des solutions adaptées aux gouttières ou aux rebords de fenêtres. L’objectif était de maintenir une présence quasi invisible des équipements pendant la journée. Et de nuit, il devait assurer un éclairage rasant efficace sur la toiture réalisée par des réglettes Eminere 2 et 4 d’Anolis Lighting.
Fabriqués en République tchèque, les luminaires Anolis Lighting sont made in Europe. Cet ancrage industriel renforce la cohérence du projet de mise en lumière en circuit court, valorisant à la fois la proximité de production, la maîtrise des standards européens et la qualité technique de l’installation.
Scénario lumière évolutif à la tombée de la nuit
« Microspectacle nocturne quotidien »
En début de soirée, le scénario lumière du château royal de Blois démarre avec une montée progressive. Il atteint l’ensemble de la façade sur la place après environ une demi-heure. Presque comme un « microspectacle nocturne quotidien », raconte Florian Jouhaud, cette temporalité crée un effet de révélation progressive de la façade.

Sur la place du château, « des mâts aiguilles de 12 mètres avec des projecteurs positionnés en drapeau ont été installés, explique Romain Robinet de R2. Ils accueillent dix projecteurs WE-EF équipés de filtres elliptiques et fixés avec des rotules pour être facilement orientés vers la façade ».

D’autres projecteurs WE-EF sont fixés en console sur une toiture d’un bâtiment privé, à droite de la façade du château. Ils ont fait l’objet d’une demande d’autorisation préalable, puis d’une convention d’occupation de 10 ans. Merci aux propriétaires pour cette contribution volontaire à ce projet d’embellissement de la ville de Blois, qui valorise le patrimoine historique du Val de Loire. Cette solution permet de préserver le sol, d’éviter des fouilles inutiles et de concentrer l’effort lumineux sur les éléments essentiels de la composition architecturale.
De la conception à la programmation lumière
Dès l’appel d’offres, Florian Jouhaud a conçu un scénario lumière présenté sur une séquence accélérée de 1 min 30 s. En phase avant-projet, Save Technologie a défini la solution technique, puis assuré la programmation de la séquence lumineuse pendant le chantier. Leur travail a été validé par des essais successifs sur site, le réglage des faisceaux, des températures de couleur et des niveaux d’intensité souhaités sur la façade.

Ainsi, la mise en lumière commence par une première lueur en pied de façade de couleur ambre, puis la lumière remonte progressivement en se vivifiant vers les parties hautes, jusqu’à la toiture. Les éléments architecturaux sculptés, les pinacles, les cheminées, les frontons et les balustres sont ensuite révélés par des projecteurs ponctuels.

Pour le concepteur lumière Florian Jouhaud : « Cela permet d’éviter d’éclairer de manière trop intense cette première demi-heure de la nuit. Pendant l’heure bleue, c’est le moment où il y a le plus d’insectes, une sorte d’effervescence en termes de biodiversité. Sur cette première lumière de la nuit, avec de la lumière ambre circonscrite au pied du bâtiment, nous évitons ainsi d’être trop impactants, car la faune y est moins sensible. »

Pilotage lumière DMX et HF de la façade
Avec une architecture DMX comprenant des splitters, le système de pilotage lumière choisi repose sur une solution Pharos. Les liaisons sont principalement en filaire cuivre, sauf pour une zone où la liaison est en HF, de LumenRadio. Face aux contraintes d’installation, le contrôle du dispositif a été réalisé sans aucune reprise sur l’électricité du château.

La ville voulait un projet discret, rapide à mettre en œuvre, respectueux du monument et lisible depuis l’espace public. Les premiers retours montrent que la solution a convaincu par sa sobriété et par sa capacité à révéler la façade sans l’alourdir.
Le patrimoine des châteaux de la Loire révélé
La mise en lumière du château royal de Blois propose bien plus qu’un simple habillage nocturne. Elle met en scène une lecture sensible de la façade, de la toiture et des fenêtres. Elle combine harmonieusement une lumière de voile, un éclairage d’accentuation et un éclairage rasant dans une maîtrise subtile des ambiances. Elle confirme que l’éclairage patrimonial peut être à la fois performant, élégant et responsable.

Alors, souhaitons que cette nouvelle référence permette de repenser à terme les mises en lumière des châteaux de la Loire ! Pour la Ville de Blois, elle devient une vitrine remarquable en France, où l’exigence du détail rejoint la force du récit architectural.
Château royal de Blois, un monument au cœur de la ville
Contexte urbain et histoire de l’architecture française
Situé dans le Loir-et-Cher, le château royal de Blois s’établit sur un promontoire rocheux au cœur de la ville. Implanté sur la rive droite du plus grand fleuve de France, ce monument appartient aux grands châteaux de la Loire. De fait, il occupe une place centrale dans le paysage urbain de la cité.

Résidence favorite des rois de France à la Renaissance, sa construction s’étend des héritages médiévaux jusqu’aux grands remaniements de l’époque classique. Son architecture raconte ainsi plusieurs siècles de transformations où le modèle du château réunit autour d’une même cour des styles architecturaux différents. À ce titre, c’est un édifice clé pour comprendre l’évolution de l’architecture française.
Façade Louis XII sur la place du château royal de Blois
Face à la Maison de la Magie Robert-Houdin, la façade de style Louis XII se distingue par sa transition entre Moyen-Âge et Renaissance. Composée de briques et de pierres calcaires, elle possède une richesse de modénatures, une toiture complexe, des éléments en partie haute : balcons, lucarnes, pinacles et cheminées. Dans le projet lumière, cette diversité est devenue un terrain d’expression pour mettre en valeur le monument.
Aujourd’hui propriété de la Ville de Blois, Daniel Pilon est le directeur d’exploitation de l’établissement public et Bastien Lopez en est le directeur et conservateur. Dans une gouvernance patrimoniale structurée, le château est aussi un haut lieu culturel et touristique vivant. Outre le monument historique, il accueille aussi le musée des Beaux-Arts de la ville et un son et lumière nocturne à 360° visible, tous les soirs d’avril à septembre et pendant les vacances de Toussaint du printemps à la fin de l’été. Alors, qu’attendez-vous pour programmer votre prochaine visite ?
Reportage sponsorisé par Anolis Lighting
Contact
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Robe Lighting France SASBruno François
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Équipe du projet
Lieu
- Château royal de Blois
- Blois, France



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