Événement

(Dé)jouer les mondes, l’art du jeu vidéo à Avignon

À Avignon, Le Grenier à sel explore le jeu vidéo comme art vivant, critique et poétique, entre mondes virtuels, récits de résistance et émotions.




Le jeu vidéo est un art vivant, sensible et profondément contemporain. Il se joue autant qu’il se ressent : espace d’expression, de résistance et d’imaginaire, il nous fait traverser des mondes pour mieux éclairer le nôtre. À Avignon, l’exposition (Dé)jouer les mondes au Grenier à sel en offre une preuve vibrante, libre et inspirante.

Qu’est-ce que le jeu vidéo ?

Longtemps réduit au simple divertissement, le jeu vidéo est devenu bien davantage : un langage, une culture, un espace de création où se croisent récit, image, son, performance et interaction. Il ne se contente pas d’être regardé : il se traverse, se manipule, se ressent. Le joueur n’est plus seulement spectateur, il devient acteur, et parfois même co-auteur de l’expérience. C’est cette puissance singulière qui fait du jeu vidéo un territoire artistique à part entière.

Bunker for a tropical pixel – Tatyana Zambrano et Hernan Rodriguez – Image Courtesy © Tatyana Zambrano et Hernan Rodriguez

Depuis ses origines, le médium a aussi été un terrain de résistance. Hacké, modifié, détourné par des générations d’artistes et de créateurs, il révèle les tensions de notre époque : domination technologique, crises écologiques, récits coloniaux, surveillance numérique, identités fragmentées. Mais il ouvre aussi des brèches lumineuses : celles de l’imaginaire, du contre-récit et d’autres façons d’habiter le monde. À Avignon, l’exposition, (Dé)jouer les mondes embrasse cette force avec une intensité rare.

Une exposition qui interroge règles, corps, interfaces et espaces virtuels

Présentée du 3 octobre au 31 décembre 2026 au Grenier à sel d’Avignon, l’exposition collective, (Dé)jouer les mondes – Art & jeu vidéo place le jeu vidéo au cœur d’une réflexion critique et sensible. Ici, les mécaniques ludiques ne servent pas seulement à divertir : elles deviennent des outils de subversion, des instruments de poésie et des formes de réenchantement. Entre installations interactives, jeux indépendants, sculptures et récits transmédia, l’exposition donne chair à une cartographie mondiale des imaginaires numériques résistants.

Aux futurs ancestraux – Atelier ElonM – jeu vidéo immersif – Image Courtesy © Atelier ElonM

Ce parcours interroge avec finesse les règles, c’est-à-dire les cadres visibles ou invisibles qui organisent nos vies. Il questionne les corps, souvent pris dans des systèmes techniques, politiques ou sociaux qui les contraignent. Il observe les interfaces, ces zones de contact entre l’humain et la machine, où se fabriquent aussi bien le contrôle que l’émancipation. Enfin, il explore les espaces virtuels comme des lieux de mémoire, de cérémonie, de lutte ou d’invention. Ce que l’on découvre au fil de la visite, c’est que les mondes numériques parlent profondément du nôtre.

 

Œuvres et artistes à voir à (Dé)jouer les mondes au Grenier à sel d’Avignon

L’exposition réunit des artistes venus de plusieurs continents, dont les pratiques mêlent jeu vidéo, arts visuels, performance, cinéma et narration orale. Au total, l’exposition rassemble une quinzaine d’œuvres, pour beaucoup créées depuis 2020, ainsi qu’une installation monumentale imaginée spécialement pour les lieux. Voici les principaux artistes et œuvres annoncés.

Akwasi Bediako Afrane, Ghana

  • Arcade City, 2026, installation immersive monumentale conçue pour le Grenier à sel (photo en tête de l’article).
  • Fragments, documentaire autour du cycle de vie des appareils électroniques vu depuis le Ghana.
D²NA – TC24 Visions of the Past – Akwasi Bediako Afrane – Image Courtesy © Mattress Factory Museum – Credit photo Tom Little

Atelier ElonM, Bénin, Congo, Ouganda, France

  • Aux Futurs Ancestraux, 2026, film-jeu vidéo et installation interactive en forme de walking simulator.

Agnès de Cayeux, France

  • SILA, Héroïnes arctiques, 2026, œuvre immersive en réalité virtuelle.
Sila, réalité virtuelle – Agnès de Cayeux – Chapitre 2 la presqu’île aux tombeaux. Image Courtesy © Agnès de Cayeux

Ismaël Joffroy Chandoutis, France

  • Rewild, en cours, aboutissement 2027, installation vidéo autour de Farming Simulator.

Lucas Lugarinho, Brésil

  • Pacifier, 2024, jeu vidéo-performance-installation mêlant exploration, puzzle et jeu de tir.

Camilo Sandoval, Colombie

  • Honour Providence, Honour Good Men, 2023, jeu d’arcade pour deux joueurs.
  • National Tejo Championship 2000, 2020, machine d’arcade et installation audiovisuelle interactive.
  • Snake Selfportrait, 2025, série de sculptures anthropomorphes en céramique.

Afrah Shafiq, Inde

  • Nobody Knows For Certain, 2023, installation jeu vidéo autour d’archives soviétiques en Inde
  • The Bride Who Could Not Stop Crying, 2023, jeu vidéo interactif sur le corps féminin, les rites et les résistances
Nobody Knows for Certain – Afrah Shafiq – Exposition KNMA, 2023. Image courtesy © KNMA – Photo Whisleman Films

Tatyana Zambrano & Hernán Rodriguez, Colombie

  • Bunker for a Tropical Pixel, 2026, movie game post-tropical

Des commissaires engagées dans l’art numérique

Le commissariat de, (Dé)jouer les mondes est assuré par Isabelle Arvers et Véronique Baton, assistées de Zoé Neyreneuf. Ce duo donne à l’exposition une colonne vertébrale à la fois exigeante et inspirante, capable de faire dialoguer les enjeux esthétiques, politiques et technologiques du jeu vidéo contemporain.

Isabelle Arvers

C’est une figure pionnière du game art en France. Chercheuse, artiste et curatrice, elle explore depuis des années les croisements entre art et jeu vidéo, avec une attention particulière au machinima, au piratage créatif et aux perspectives queer, féministes et décoloniales.

Véronique Baton

À ses côtés, l’historienne de l’art et directrice du Grenier à sel depuis 2017, poursuit une vision ouverte des pratiques artistiques collaboratives, à la jonction de l’art, de la science et des technologies numériques. Ensemble, elles signent une exposition habitée par le monde, ses fractures, mais aussi ses possibles.

Lampe ciel 1.2, de Adrien Lucca – Expo Lumière Espace Temps, Grenier à sel, Avignon, France © Vincent Laganier

Où se loger à Avignon ?

Venir voir cette exposition, c’est aussi s’offrir le plaisir d’un séjour dans l’une des villes les plus séduisantes du sud de la France. Pour profiter pleinement d’Avignon, le plus agréable reste de loger dans l’intra-muros, à proximité du centre historique, du Palais des Papes et du Grenier à sel. Ce choix permet de tout découvrir à pied, au rythme des ruelles, des places et des remparts.

  • Selon votre budget, plusieurs options sont possibles : hôtels de charme dans les maisons anciennes, chambres d’hôtes intimistes, locations meublées ou établissements plus accessibles près de la gare Avignon Centre.
  • Pour une expérience plus calme, Villeneuve-lès-Avignon, juste de l’autre côté du Rhône, constitue également une excellente alternative.
  • En réservant à l’avance, surtout pendant les périodes d’affluence culturelle, vous trouverez plus facilement un hébergement alliant confort, emplacement et douceur provençale.

Voici une carte interactive pour trouver ou se loger en 4 étapes.

  • Choisir vos dates.
  • Filtrer votre budget par nuit.
  • Comparer le meilleur prix.
  • Réserver en ligne !

Informations pratiques pour la visite

L’exposition, (Dé)jouer les mondes se tient du 3 octobre au 31 décembre 2026 au Grenier à sel, à Avignon. L’accès est une très belle nouvelle pour les visiteurs : l’entrée est libre et gratuite, sans réservation. Une façon généreuse d’ouvrir l’art numérique au plus grand nombre.

Infos utiles

  • ((Dé)jouer les mondes
  • Le Grenier à sel
  • 2 rue du Rempart Saint-Lazare
  • 84000 Avignon

 

Accès

  • Dates : du 3 octobre au 31 décembre 2026
  • Horaires : du mercredi au samedi, de 14h à 18h
  • Entrée : gratuite

Visites guidées

  • Mercredis et samedis à 16h30
  • 3 € par personne
  • Groupes sur réservation

L’exposition s’inscrit également dans la programmation de Chroniques — Biennale des imaginaires numériques, grand rendez-vous régional consacré aux arts numériques. Une raison de plus de prolonger la découverte au-delà des murs du Grenier à sel.

Comment se rendre à Avignon ?

Rejoindre Avignon est simple, et c’est une excellente nouvelle pour qui souhaite organiser une escapade culturelle. La ville est très bien desservie en train, notamment grâce à la gare TGV d’Avignon, reliée rapidement à Paris, Lyon, Marseille ou Montpellier. Depuis la gare TGV, des navettes, bus, taxis ou voitures permettent de rejoindre le centre-ville en peu de temps.

Les Luminessences, cour d’honneur du palais des Papes, Avignon, France – Réalisation : Amaclio 2013 – Avignon Tourisme © G. Quittard

Il est aussi possible d’arriver par la gare Avignon Centre, pratique si vous souhaitez séjourner directement dans l’intra-muros. En voiture, Avignon est accessible via les grands axes autoroutiers du sud. Enfin, pour les voyageurs venant de plus loin, les aéroports de Marseille-Provence, Nîmes ou Montpellier peuvent servir de portes d’entrée avant un trajet complémentaire en train ou en voiture. Quelle que soit la route choisie, l’arrivée à Avignon a toujours quelque chose de prometteur : la sensation de rejoindre une ville où l’histoire, la création et l’imaginaire se répondent.

Pourquoi il faut voir cette exposition

Il y a dans, (Dé)jouer les mondes quelque chose de profondément stimulant. L’exposition ne montre pas le jeu vidéo comme un objet de culture contemporaine ; elle le révèle comme un outil critique, un refuge sensible, un laboratoire d’histoires nouvelles. Elle nous invite à regarder autrement les écrans qui peuplent nos vies, à entendre les voix oubliées qui traversent les mondes numériques, et à imaginer des futurs moins fermés.

 

À Avignon, dans l’architecture majestueuse du Grenier à sel, cette traversée prend une force particulière. On en ressort curieux, ému, parfois bousculé, mais surtout encouragé à penser autrement les liens entre art, technologie et société. Une exposition à vivre pleinement, avec attention et enthousiasme.

Approfondir le sujet

Photo en tête de l’article : D²NA – TC24 Visions of the Past – Akwasi Bediako Afrane – Image Courtesy Mattress Factory Museum © Tom Little

Lieu

  • Le Grenier à sel
  • Avignon, France
Fondateur de l'agence de relations publiques LZL Services depuis 2023. Son thème : la lumière et l’éclairage. Rédacteur en chef et éditeur du portail français n°1 Light ZOOM Lumière depuis 2012. Architecte diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes. Éclairagiste urbain de 1997 à 2013 en Europe. Auteur de huit ouvrages de référence sur la ville, le bâtiment et le millénaire. Enseignant sur l'histoire de la conception lumière à l’ENSA Nantes et à l'éclairage dans l'art contemporain à l’ENSATT Lyon.
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