Facet, une lanterne élégante pour les espaces urbains
Julien Schnell, architecte et fondateur de l’agence Urbanica à Paris, compte 27 ans d’expérience dans l’aménagement urbain et paysager en France et à l’étranger. Parmi ses réalisations majeures : de nombreux projets de tramways et de BHNS en France et à l’export, la maîtrise d’œuvre urbaine de plusieurs ZAC, ou le réaménagement des quartiers Corolles Reflets et Iris à La Défense. Innovateur engagé, il conçoit également du mobilier urbain contemporain pour des fabricants d’éclairage ou de mobiliers urbains. Attaché à ses racines nancéiennes, il vient d’imaginer la lanterne Facet, pour Eclatec. Une illustration de sa volonté de repenser les espaces urbains avec créativité et élégance, au service de la ville.
Quelle a été ta première émotion de lumière ?

Julien Schnell : Depuis toujours, il y a un lustre avec des éclats de cristal suspendu dans le salon de mes parents. Tous les jours, l’après-midi, le soleil le frappait. Il créait des petits arcs-en-ciel au sol et sur les murs, comme un festival de lumières et de couleurs. Un peu comme sur les facettes d’un diamant, cette interaction changeante entre l’objet et la lumière m’intriguait. En y repensant, ces jeux de lumière ont nourri mon imaginaire et influencé mon regard.
Comment est né le Facet pour Eclatec ?
Julien Schnell : C’est une lanterne que j’ai conçue pour Eclatec avec l’idée d’offrir un éclairage urbain à la fois élégant et performant. Dès le cahier des charges, l’objectif était de créer un produit innovant au design intemporel, polyvalent et durable. Il devait être adapté à une multiplicité d’usages – piétonnier, routier, avec ou sans crosse – pour garantir sa pérennité et avoir une place en catalogue.
Quelles ont été tes sources d’inspiration ?
Julien Schnell : Le premier élément qui m’a inspiré est le contexte nancéien. Par exemple, Jean Prouvé, architecte célèbre de Nancy, qui réemployait avec justesse des éléments industriels pour favoriser l’économie et l’urgence de l’habitat. On retrouve aussi le plan Vauban de la ville, reconnaissable par ses petits redents.

Nancy possède également une longue tradition du cristal, avec la proximité de Baccarat et de la cristallerie Daum. D’ailleurs, mon grand-oncle travaillait chez eux et avait soufflé un panier en cristal pour la famille. Comme dans la joaillerie, ce travail précis des facettes réfléchit la lumière. Enfin, des lanternes à facettes de la place Stanislas de la ville, je retiens cette interaction entre l’objet et son environnement.
Comment as-tu dessiné sa forme ?
Julien Schnell : En termes de design, j’ai réfléchi à un design élancé qui donne une sensation de finesse et de légèreté. C’est une lanterne bien ovale et pas ronde. C’était justement le but !

Les premières esquisses portaient des références au bol de ma grand-mère ou à une coupelle de fruits en verre prismatique prise chez moi.
L’idée d’une bague sertie apportait aussi un côté personnalisable. Rapidement, j’ai développé un élément horizontal, une strie avec un joint creux, pour créer un bandeau. On peut choisir sa texture. C’est le premier aspect de personnalisation.

Ensuite, un peu comme une pièce de joaillerie, nous avons travaillé avec Eclatec sur des facettes pour capter la lumière. Les reflets sur la lanterne bougent quand on tourne autour. Elle évoque quelque chose de précieux. J’avais aussi en tête le lustre chez mes parents.
Comment est designé le dessous de la lanterne ?
Julien Schnell : Le design comprend aussi un dessous, ce qui est rare pour une lanterne. Dans la partie inférieure, j’ai ajouté un enjoliveur de méthacrylate pour la perception du piéton. Évoquant l’idée de facettes comme un joyau, il peut être transparent, sablé ou coloré pour rythmer l’espace public. C’est le deuxième aspect de personnalisation.

Créant une présence nocturne discrète, ce composant capte un peu de lumière LED de l’optique. La lanterne s’éclaire elle-même, subtilement, sans effet grandiloquent ni nuisances lumineuses.

L’enjoliveur donne un effet cristal à la sous-face du luminaire. D’ailleurs, le modèle s’appelait d’abord Cristal avant de devenir Facet. C’est le nom choisi par Eclatec, car il sonne mieux à l’international.
Comment l’enjoliveur du Facet pourrait-il être utilisé ?
Julien Schnell : Par exemple, au Maroc, il est courant d’ajouter un petit éclairage coloré en haut d’un mât. Nous pourrions imaginer un enjoliveur en méthacrylate bleu ou rouge pour renforcer l’identité des lieux. Alors, nous aurions la présence de larges cercles colorés qui donneraient une identité nocturne marquante et prestigieuse là où il est implanté.
Pourquoi le Facet peut-il également être personnalisé avec son bandeau ?
Julien Schnell : En cerclant la lanterne, la lumière s’accroche à ce bandeau différemment selon l’habillage. Réalisé en métal il est totalement personnalisable avec des textures métalliques : inox brossé, acier corten, cuivre ou noir pailleté.

Nous pouvons même intégrer des motifs imprimés avec un bandeau souple imprimé : rayures verticales, horizontales, imitation bois, tout est possible ; par exemple les croisillons de Louis Vuitton sur le bandeau, pour une adaptation élégante et discrète au contexte.
Comment le module Wizard s’intègre-t-il sur ce luminaire ?
Julien Schnell : Souvent disgracieusement ajouté sur les lanternes, le Wizard est un point essentiel. Il joue un rôle technique de communication pour le pilotage de l’éclairage public. Pour qu’il puisse émettre des ondes, il fallait le dissimuler sans le cloisonner. C’est pourquoi j’ai imaginé un repli des facettes pour l’intégrer harmonieusement.

Quelle technique est utilisée pour fabriquer le luminaire ?
Julien Schnell : Il existe deux types de moules pour ce genre de coques : moules au sable, moins chers mais à la durée de vie limitée, et moules à injection, plus coûteux mais adaptés à la grande série. Les moules à injection aluminium offrent une finition bien plus précise, notamment dans le détail des arêtes et des facettes dessinées. La lanterne Facet existe en deux tailles, petite et grande.

Comment as-tu dessiné les crosses Facet ?
Julien Schnell : Avec un petit motif en relief issu d’une fonderie spécifique. Pour la crosse Facet, l’idée était de créer un produit un peu connoté, pas totalement neutre, mais qui restait assez adaptable. Alors, j’ai dessiné des creux uniquement du côté mat sur cette crosse. La lanterne reste cependant aussi compatible aux mats « standards » avec un embout de 60.

Quel est l’aspect fini des mâts Strium ?
Julien Schnell : J’ai dessiné ces mâts et proposé de créer un motif en réadaptant la technique Strium de GHM. Ils utilisent une machine à galets pour imprimer des lignes en creux dans la colonne. En contraignant un peu le matériau, nous avons quatre types de finitions spécifiques. Après j’ai imaginé plusieurs formes de mâts possibles, comme par exemple, un effet le « coup de fouet » qui apporte une touche Art nouveau par des courbes ou des contre-courbes, il donne un aspect végétal.
Comment le luminaire prend-il en compte les nuisances lumineuses ?
Julien Schnell : La lumière du jour, comme celle de la nuit, a guidé le design. Nous avons réalisé de nombreuses études pour respecter l’idée de facettes. Le résultat est 100 % compatible avec le respect des normes françaises et européennes, notamment d’éviter toute réflexion vers le ciel, surtout avec un produit cristallin comme le méthacrylate.

Beaucoup de lanternes sont belles de jour, mais disparaissent la nuit, à cause des LED qui éblouissent. Ici, l’abat-jour – nommé l’enjoliveur – canalise l’éblouissement. Il met en valeur le produit de jour comme de nuit. C’est une innovation qui n’existe pas ailleurs.
Comment Eclatec a-t-il développé le produit ?
Julien Schnell : Dès le début avec Eclatec, c’était un partenariat intéressant. Je suis moteur, car je dessine et présente les éléments pour discussion. Les décisions se prennent à plusieurs niveaux : David Lelièvre (P.-D.G.) et la direction croisent nos choix avec les bureaux d’études qui valident ou non les possibilités. Tout a été travaillé en 3D, avec une dizaine d’interactions avec Eclatec : à chaque fois, on ajustait des détails, relevait, ajoutait ou retirait des facettes, étirait ou décentrait. Tout cela en intégrant toujours l’ensemble des exigences techniques d’une lanterne performante.

Quelles ont été les étapes du développement produit ?
Julien Schnell : Au départ, je maîtrise le design, puis je leur fournis ensuite une maquette numérique 3D adaptée avec toutes les contraintes techniques.
Quels types de fixation sont possibles avec le Facet ?
Julien Schnell : Il y a deux ancrages possibles ; une fixation latérale ou top. Pour limiter les coûts, le moule est conçu pour ces deux options. En latéral comme en top, il y a des pièces d’adaptation esthétiques pour la transition. Et tout ça fait partie des accessoires de personnalisation.

À quels espaces urbains le Facet est-il destiné ?
Julien Schnell : C’est une lanterne adaptée à tous les espaces urbains : parc, chemin, village, centre-ville ou site emblématique près d’un musée du design. Son design sobre et passe-partout convient aux environnements patrimoniaux et contemporains. L’association des styles est suffisamment discrète pour s’intégrer partout : route, jardin résidentiel ou cœur de ville. C’est un équilibre entre la forme traditionnelle ovale et l’habillage de la lanterne, qui apporte une touche précieuse et élégante au lieu.

Quels sont les premiers retours sur le Facet ?
Julien Schnell : Chez Eclatec, la force commerciale joue un rôle clé : si la lanterne plaît, ils la prescrivent. Là, il y a eu unanimité, tout le monde a adoré. Ce qui m’intéresse, c’est de créer un produit lumineux qui interagit réellement avec la lumière.

Quelle sera ta première réalisation avec le Facet ?
Julien Schnell : Je vais initier une réalisation qui me tient à cœur, en lien avec mon histoire personnelle. J’ai fait toute ma maternelle et ma primaire à Agincourt, un petit village près de Nancy. Aussi, j’ai rencontré le maire pour lui montrer une lanterne que j’ai dessinée avec Eclatec. Il a accepté d’en installer une version sur crosse devant l’école. Un beau clin d’œil à l’enfant du village !
Reportage sponsorisé par Eclatec
Photo en tête de l’article : Facet, lanterne ovale pour les espaces urbains – Designer Julien Schnell – Fabricant © Eclatec
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