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Valérian de Luc Besson : décor, éclairage et salles ICE by CGR

Premier film réalisé avec des éclairages LED et des projecteurs de spectacle asservis. En salles ICE by CGR, Valérian est aussi le premier film LightVibes.
par Vincent Laganier28 septembre 2017

Deux défis ont été relevés sur le film Valérian : les nouvelles techniques d’éclairage venus du spectacle et sa présentation en cinéma immersif dans les salles ICE by CGR. Après avoir vu quels choix lumière a fait le directeur de la photographie, Thierry Arbogast, pour Valérian de Luc Besson et pourquoi des LED, suite de l’article en immersion dans les décors du film, les techniques d’éclairage utilisées et les effets visuels spectaculaires.

La création des gigantesques morceaux de décors de l’univers de Valérian n’a pas été une mice affaire. Des espaces très différents comme le Big Market, Paradise Alley, ainsi que les nombreux vaisseaux spatiaux, salles de commande et autres bus volants. Si les effets visuels ont permis de rehausser et de magnifier ces décors, entièrement inspirés des croquis initiaux de la bande dessinée, le glissement entre plusieurs époques, allant des années 1970 à l’année 2740, a présenté un réel défi pour le chef décorateur. Pour concrétiser les idées de Besson, tous les départements ont dû étroitement collaborer.

Valérian, et la cité des milles planètes, film de Luc Besson © 2017 VALERIAN SAS – TF1 Films Production © photo Domitille Girard

Intégration de l’éclairage au décor

Comme toujours, c’est ce même travail d’équipe qui a permis d’éviter les retards techniques pendant les prises, notamment au niveau des changements de lumière.

« Il fallait absolument intégrer les lumières à tout moment sur le plateau. On a beaucoup travaillé avec le directeur de la photographie, Thierry Arbogast, et son chef électricien, ainsi qu’avec Greg Fromentin pour intégrer les lumières sur le plateau. Tout s’est intégré de cette façon ».

Hugues Tissandier, chef décorateur de Valérian

Valérian, et la cité des milles planètes, film de Luc Besson – actrice Cara Delevingne © 2017 VALERIAN SAS – TF1 Films Production © photo Luc Besson

« Nous n’avons utilisé que des LED pour pouvoir changer plus facilement les lumières et leur intensité avant de commencer à tourner », poursuit le chef-décorateur. « Du coup, quand Thierry arrivait sur le plateau, il avait déjà tout ce dont il avait besoin pour les séquences à venir… et en même temps il pouvait varier les couleurs s’il le voulait. Par exemple, sur un même décor, on voulait à la fois avoir la possibilité de passer la lumière au rouge, de créer des zones noires à certains endroits, de les rallumer ensuite, et ainsi permettre plus de possibilités de mise en scène. Grâce à ça, on a pu proposer plusieurs possibilités à Luc ».

Hugues Tissandier, chef décorateur de Valérian

Technique d’éclairage scénique au cinéma

Sous les directives du chef opérateur, Thierry Arbogast, à la demande du chef décorateur, Hugues Tissandier et de Gregory Fromentin, le Gaffer du film [ndrl : le chef des électriciens, responsable de l’exécution du plan d’éclairage de la production au cinéma et à la télévision], c’est une société française, Concept K, qui « a fourni l’intégralité de la programmation lumière, les moving lights et les différents effets spéciaux pour le film » raconte Frédéric Fayard, PDG de l’entreprise. « Cela peut paraître étrange, mais le cinéma français découvre à peine les technologies du spectacle. Nous avons commencé par un test, puis enchaîné semaine après semaine, pour finalement faire tout le tournage ».

Côté matériel d’éclairage utilisé sur le film, en voici la liste non exhaustive :

  • Martin Mac Aura XB,
  • Clay Paky K20 B-Eye;
  • Martin Sceptron,
  • Martin Mac Viper,
  • guirlande Starflash,
  • Robe BMFL Spot,
  • Martin Quantum Profile,
  • écran LED de 20mm de picth,
  • vidéoprojecteur Christies 20K,
  • High End Catalyst V4,
  • rideau LED 360°,
  • Arton Arcaline 2,
  • découpes à LED,
  • cycloïde,
  • Starcloth,
  • LED washer,
  • GrandMA2 Light + NPU,
  • Ledbox schnick-schnack
  • Arri Skypanel…

Valérian, et la cité des milles planètes, film de Luc Besson – Omelites © 2017 VALERIAN SAS – TF1 Films Production

Effets visuels 3D

Comment orchestrer des scènes se déroulant dans d’innombrables lieux différents ? En bref :

  • le paradis du nom de Mül,
  • la planète désertique Kirian et son Big Market débordant d’activité,
  • le royaume aquatique de Galana,
  • la Paradise Alley,
  • la Cité des Mille Planètes, Alpha, constitue le véritable centre névralgique de la galaxie et de l’action cinématographique.

Dans cette dernière, « on y trouve l’intégralité des connaissances de l’univers. C’est Wall Street, la Cité des Sciences, l’ONU, et Broadway réunis », rapporte Luc Besson. « C’est l’endroit le plus important de tout l’univers ».

Valérian, et la cité des milles planètes, film de Luc Besson – Bromosaurs © 2017 VALERIAN SAS – TF1 Films Production

Scott Stokdyk a été choisi par Luc Besson pour superviser les effets visuels du film. L’utilisation de la motion-capture a été utilisée, par exemple dans une scène emblématique ou Valérian et Laureline font la connaissance des Pearls, une espèce pacifique. Joués par des acteurs vêtus de combinaisons munies de capteurs, ils permettant aux techniciens de transformer leurs mouvements en véritables extra-terrestres en phase de post-production.  De nombreuses sociétés ont travaillé en étroite collaboration et élaboré 2734 plans d’effets spéciaux pour le film. Notons :

  • Weta Digital de Peter Jackson,
  • Industrial Light & Magic de George Lucas,
  • Rodeo FX pour Game Of Thrones,
  • MocapLab, une TPE française specialisé dans le motion capture.

Ciméma immersif en salle ICE by CGR

Valérian est le premier film en immersion LightVibes où une véritable création lumière pour la salle de cinéma a été réalisée par l’équipe du film de Valérian de Luc Besson en post-production. Plus exactement, le studio français Digital Factory a programmé tous les effets lumière pour les salles ICE by CGR.

Comment ça marche ? Pendant l’action cinématographique, par moment la salle de cinéma est habillée d’effets lumineux subtils, comme dans un théâtre participatif. Par exemple, dans la scène où Bubble danse pour Valérian, sur les murs latéraux de la salle prennent des ambiances de cabaret. Des panneaux de tissus lumineux à LED, les Luminous Textiles de Philips Lighting, sont intégrés dans les murs par ABP Architectes installé à La Rochelle et Paris. Ce cabinet d’architecture a conçu l’aménagement intérieur des salles ICE by CGR en intégrant notament, une trame des bandes de textiles claires en plafond et aux murs qui capte bien la lumière procurée par la technologie LightVibes, comme ci-dessous en bleu.

Salle de cinéma ICE – ABP Architectes – Technologie LightVibes © CGR

Lorsque Laureline et Valérian visitent les profondeurs d’Alpha à la lampe torche, un faisceau de lumière balaie le public, comme si le rayon sortait de l’écran. L’éclairage additionnel dans la salle est créé par des projecteurs fixes et asservis à LED de Vari*Lite.

Cette nouvelle technologie d’éclairage immersif LightVibes a été développée par Philips Lighting ces dernières années. En décembre 2016, le Groupe CGR Cinémas a lancé un nouveau concept de cinéma immersif intitulé ICE-by-CGR. ICE pour « Immersive Cinema Experience » avec LightVibes.

Salle de cinéma ICE – ABP Architectes – Technologie LightVibes © CGR Blagnac

En bref, les équipements de la salle proposent un confort optimum pour le spectateur et ce qui se fait de mieux aujourd’hui au cinéma :

  • Projection du film avec un Christie 3DLP, résolution 4K et 60 000 lumens,
  • Son Dolby Atmos en 52 points dans la salle,
  • Fauteuils inclinables en cuir de 65 cm de large.

C’est à Toulouse Blagnac que la première salle du genre a été réalisé en France. Aujourd’hui, une vingtaine de salles est déjà équipée en ICE.

M. Pokora My Way Tour en LightVibes

Le chanteur français M. Pokora propose son concert My Way Tour en séances exceptionnelles dans les salles ICE by CGR les 7, 8 et 9 novembre 2017 en immersion visuelle LightVibes. Alors, pour un film ou un concert, qu’attendez-vous pour tenter cette nouvelle expérience immersive devant un écran ?

Lieu

  • Cinéma CGR Lyon-Brignais
  • Brignais, France

Livres

La conception lumière, appréhender le contexte, les enjeux et les acteurs

Coordonné par l’ACE et rédigé par 57 contributeurs représentatifs du projet d'éclairage, nouvel ouvrage de référence pour la conception lumière au Moniteur.

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Lumières architecturales en France, de Vincent Laganier, Editions AS

Quelles sont les réalisations lumière les plus significatives en architecture de 1985 à 2000 en France ?

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Lumière et ambiances, de Roger Narboni, Le Moniteur

Une belle réflexion sur la conception d'ambiances lumineuses, à l'intérieur des bâtiments comme à l'échelle des espaces publics.

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Équipe du projet ICE by CGR

Maîtrise d'ouvrage CGR Cinémas Josselyn Bouyssy
Architecte ABP Architectes Bertrand Pourrier
Vidéo projecteur Christie
Système de contrôle LightVibes Niels Van Duinen
Matériel d'éclairage Philips Lighting Varilite Luminous Textile Philips Color Kinetics
Programmation lumière Digital Factory CGR

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Vincent Laganier
Vincent Laganier

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Rédacteur en chef du portail Light ZOOM Lumière depuis 2012. Auteur de six ouvrages de référence sur la lumière, la ville et le bâtiment. Enseignant en conception lumière à l’ENSA Nantes, en photographie l’ENSA Strasbourg, en art lumière l’ENSATT Lyon et au projet d’éclairage à l’INSA Lyon.

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1 Commentaires
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  • 6 octobre 2017 at 5 h 44 min

    Cette technologie de lumière dans les salles de cinéma fait penser à ce que Philips fait sur les téléviseurs : ambientLight, je crois.

    C’est une bonne idée… après, à l’inverse des téléviseurs qui font ça tout seul, là, il semble falloir que le film aient une « piste lumière » mais, en échange, cela est plus élaboré que sur les télés 😉

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